BEAUSSIER
ORIGINES et HISTOIRE DU NOM BEAUSSIER
C’est un patronyme très rare en France, puisqu’il y figure au … 7 742 ème rang pour sa fréquence entre 1891 et 1990.
Le patronyme BEAUSSIER se rencontre surtout dans le Maine-et-Loire, la Sarthe et la Mayenne. Mais il est également présent dans le Var et l’Ardèche, où il pourrait être une variante de BEAUSIRE, sachant que le mot « SIER » est attesté en occitan comme variante de « SIEUR ». Dans l’Ouest, il pourrait s’agir d’un dérivé de « BEAUSSE », « BEAUCE », qui est une clairière obtenue par défrichement, puis une terre grasse et fertile[i]. On verra plus loin une autre étymologie possible, moins planplan….
Georges Beaussier, fils d’Eugène et de Marie, lors de ses recherches généalogiques dans les années 80, avait émis l’hypothèse que les tribulations du « Bon » Roy René d’Anjou pourraient être à l’origine d’un lien commun entre les branches angevine et provençale des Beaussier, qui seraient alors deux branches d’une seule et même famille…
Né en 1409 dans son château d’Angers, René meurt à Aix en Provence en 1480. Il a hérité des titres de duc d’Anjou, de comte de Provence et de Forcalquier, de roi de Naples et de Sicile, entre autres. Jusqu’à sa mort, il vient régulièrement en Anjou, dans ses résidences du Château de Baugé ou de Saumur qu’il aménage et entretient. Mécène et amoureux des arts, il chasse et fait aussi la guerre (autant pour son compte personnel que pour soutenir Jeanne d’Arc ou Charles VII, le roi de France (c’est la Guerre de Cent Ans…)[ii].
L’hypothèse est que, un ou des BEAUSSIER d’Anjou l’aient accompagné en Provence et y aient fait souche, puis été anoblis pour certains.
Or le lien Anjou-Provence est bien antérieur au Roy René ; on peut le faire remonter au moins jusqu’à Charles I de Sicile, Comte d’Anjou et de Provence (1226-1285).
Par ailleurs, il est établi que le nom des BEAUSSIER apparait dans des documents d’archives du Var dès le XIe siècle ; et la reine Jeanne de Naples (1326-1382), sœur de Charles d’Anjou, Reine de Naples et Comtesse de Provence, leur attribue au XIVe siècle la Seigneurie de la Chaulane à la Seyne.
Ce qui est attesté dans « Le nobiliaire universel, ou Recueil général des généalogies historiques et véridiques des maisons nobles de l’Europe » (par le Vicomte Ludovic de Magny, Paris, 1856, troisième volume, pages 211-220).
Je cite : « BEAUSSIER, en latin BELSERII ou BELCERII (Belli Herus, Chef de Guerre), est le nom d’une famille de chevalerie d’une noblesse remontant à des temps très reculés, et qui parait avoir pour berceau la ville de Sixfours, dont un quartier porte son nom, et dont les armes sont semblables aux siennes. Elle y possédait jadis, ainsi qu’à Moustiers et à Toulon, des hôtels, des prés, des terres, des marais salins et la seigneurie du Mourillon, actuellement comprise dans les arsenaux de Toulon ; celles de la Chaulane, de Brédule, de Saint-Marcel, de la Garde, de Mazie, de Neneville, de Saint-Julien, de de Châteauneuf, de la Roque, de Cazeneuve, de la Celle et d’Aurel lui appartinrent du XIIIe au XVIe siècle. »
Le premier Beaussier cité dans ce recueil assista comme témoin à une donation faite par Bertrand, comte de Provence en 1005, ce qui montre l’ancienneté de la maison Beaussier dans cette région.
La filiation directe des comtes de BEAUSSIER DE CHATEAUVERT remonte à Guillaume, chevalier, qui vivait en 1212, et participa aux croisades. Son fils Audibert, chevalier, reçut en 1325 des lettres de commission de Robert, roi de Sicile et comte de Provence, confirmées à son fils Boniface par Charles II, roi de Sicile et de Jérusalem, en 1344. Plus tard, Pierre est chevalier du comte de Provence et écuyer de l’hôtel du roi René…
Leur trace dans l’histoire est des plus brillantes : « un Guillaume de Beaussier est aux Croisades au XIIIe siècle ; un Raymond de Beaussier, Comte de Provence, est enrôlé parmi les troupes de Du Guesclin et se bat pour défendre la Provence au XIVe siècle. S’il y eut parmi eux beaucoup de marins et des militaires de l’armée de terre, on compta également des magistrats, des ecclésiastiques et des administrateurs de grand talent. Par exemple, au XIIIe siècle, la communauté de Toulon est dirigée par Aycard de Beaussier et au XVIIIe siècle par un Emmanuel de Beaussier. La famille Beaussier compta une suite ininterrompue de 27 officiers de marine avec au début Jean de Beaussier Capitaine de la galère du Roi La Diane en 1520, jusqu’à Louis Emmanuel de Beaussier mort contre-amiral à Toulon en 1836. Parmi ces valeureux officiers, on distingue 5 officiers généraux, 10 capitaines de vaisseaux et 12 officiers de tous grades. Ils ont été au service de l’état pendant plus de sept siècles, ont participé à toutes les grandes batailles navales livrées par la flotte française sous le commandement des Duquesne, des Tourville. Ils commandèrent les plus beaux vaisseaux de la flotte française et nombre d’entre eux ont péri dans les combats, ou sont revenus mutilés et couverts de blessures »[iii].
Cette noblesse est cependant contestée par Gustave Chaix d’Est-Ange dans son « Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIX siècle » (1904). Il écrit : « La famille de BEAUSSIER est originaire de Provence. Artefeuil et après lui la Chesnaye des Bois qui l’a copié lui attribuent pour premier auteur connu un Jean Beaussier vivant en 1375. Le vicomte de Magny, dont les affirmations ne doivent, du reste, être acceptées qu’avec une grande réserve, fait même remonter la filiation à Guillaume Beaussier vivant en 1210 et cite un Guillaume Beaussier qui se serait croisé en 1240. Il est incontestable qu’il a existé en Provence aux XIV et XV siècles une famille noble du nom de Beaussier qui jouit même dans cette province d’un certain éclat.
La famille de Beaussier ne figure pas toutefois au nombre des familles de Provence qui furent maintenues dans leur noblesse lors de la grande recherche commencée en 1666. Félix Beaussier, de Toulon, capitaine des vaisseaux du Roi en 1693, nommé la même année chevalier de Saint Louis, marié en 1699 à Madeleine d’Aillet, fut même d’abord condamné à l’amende comme usurpateur de noblesse. Plus tard il fut maintenu dans sa noblesse d’abord le 27 mars 1700 par arrêt du Parlement de Provence, puis le 26 mars 1706 par jugement de Cardin le Bret, intendant de la province. Ce dernier jugement fait remonter la filiation au 4 juillet 1560, date à laquelle le bisaieul de Félix, Esprit de Beaussier, écuyer, fils d’Honoré, écuyer, et d’Isabeau de Missarde, épousa Marguerite de Gamelle. La branche à laquelle appartenait Félix de Beaussier s’éteignit au cours du XVIII siècle.La branche des seigneurs de Chateauvert qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours n’a jamais été l’objet d’un jugement de maintenue de noblesse et n’est même pas mentionnée par Artefeuil. »
(s’ensuit la généalogie des Chateauvert « depuis Venturon Beaussier, écuyer, qui épousa Marthe Audibert par contrat passé le 10 aout 1617 … c’est du fils unique du précédent, né en 1765, également officier de marine et Chevalier de Saint-Louis, que descendent tous les représentants actuels. »)
Mais de conclure, non sans une grande magnanimité, « on doit considérer la branche actuellement existante de la famille de Beaussier comme ayant régularisé sa situation nobiliaire en fournissant antérieurement à la Révolution trois générations successives de chevaliers de Saint-Louis. »
Alors, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Ainsi, au total, deux étymologies possibles pour le nom de BEAUSSIER : une à tonalité guerrière pour une branche méridionale, qui sera anoblie ; et l’autre, plus rurale, pour la branche angevine, dont, on le verra, le sort et la destinée seront sans comparaison avec leurs « cousins » provençaux…
Alors, désolé Papa, l’existence d’un lien, d’un chainon manquant, s’il y en a un, entre les BEAUSSIER d’Anjou et de Provence reste à démontrer, même si le plus probable est que les Beaussier d’Anjou soient venus de Provence, suivant Charles, puis René, à Baugé, Angers, ou Saumur…. (à notre connaissance, si la généalogie et la bibliographie des Beaussier de Provence sont très documentées, celles des Beaussier d’Anjou sont inexistantes.).
Mais l’hypothèse inverse est à démontrer.
Enfin, reste une troisième hypothèse : que les deux branches n’aient en commun que le patronyme…
[ii] Source wikipedia
[iii] Source : http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome4/au_quartier_beaussier.html#ANCRE2
jpbversion du 23/13/2020