Histoire …

histoire du nom beaussier

… raconte les tribulations du patronyme Beaussier … de Provence, dès le Xème siècle, jusqu’en Anjou, plus tard …

de Provence …

Il est établi que le nom des BEAUSSIER apparait dans des documents d’archives du Var dès le XIe siècle ; et la reine Jeanne de Naples (1326-1382), sœur de Charles d’Anjou, Reine de Naples et Comtesse de Provence, leur attribue au XIVe siècle la Seigneurie de la Chaulane à La Seyne.

 Ce qui est attesté dans « Le nobiliaire universel, ou Recueil général des généalogies historiques et véridiques des maisons nobles de l’Europe » (par le Vicomte Ludovic de Magny, Paris, 1856, troisième volume, pages 211-220) : « BEAUSSIER, en latin BELSERII ou BELCERII (Belli Herus, Chef de Guerre), est le nom d’une famille de chevalerie d’une noblesse remontant à des temps très reculés, et qui parait avoir pour berceau la ville de Six Fours, dont un quartier porte son nom, et dont les armes sont semblables aux siennes. Elle y possédait jadis, ainsi qu’à Moustiers et à Toulon, des hôtels, des prés, des terres, des marais salins et la seigneurie du Mourillon, actuellement comprise dans les arsenaux de Toulon … »

Le premier BEAUSSIER cité dans ce recueil assista comme témoin à une donation faite par Bertrand, comte de Provence en 1005, ce qui montre l’ancienneté de la maison Beaussier dans cette région.

La filiation directe des comtes de BEAUSSIER de CHATEAUVERT remonte à Guillaume, chevalier, qui vivait en 1212, et participa aux croisades. Son fils Audibert, chevalier, reçut en 1325 des lettres de commission de Robert, roi de Sicile et comte de Provence, confirmées à son fils Boniface par Charles II, roi de Sicile et de Jérusalem, en 1344. Plus tard, Pierre est chevalier du comte de Provence et écuyer de l’hôtel du Roi René (René, né en 1409 dans son château d’Angers, meurt à Aix en Provence en 1480. Il a hérité des titres de duc d’Anjou, de comte de Provence et de Forcalquier, de roi de Naples et de Sicile, entre autres. Jusqu’à sa mort, il vient régulièrement en Anjou, dans ses résidences du Château de Baugé ou de Saumur, qu’il aménage et entretient.)

Le 13 mai 1697, Vincent Beaussier de la ville de Six-Fours, maître d’équipage à Toulon, fait enregistrer ses armoiries à l’Armorial général d’Hozier : « D’azur à un coq perché sur une coquille renversée et surmontée de trois étoiles de même, rangées en chef. »

Cette noblesse a été contestée par Gustave Chaix d’Est-Ange dans son « Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIX siècle » (1904), qui écrit qu’il n’y a pas de preuves pour rattacher cette famille à une autre famille du même nom qui avait été noble au Moyen-Age dans cette même province. Sur la famille actuelle, il cite une branche éteinte qui était issue de Félix Beaussier, de Toulon, capitaine des vaisseaux du roi et chevalier de Saint-Louis en 1693. Celui-ci fut condamné comme usurpateur de noblesse, puis maintenu noble en 1700 par le parlement de Provence et en 1706 par l’intendant de cette province sur preuves de 1560. La branche subsistante de la famille de Beaussier a été anoblie dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle par le grade de chef d’escadre de l’un des siens.

Il reconnait cependant que leur trace dans l’histoire est des plus brillantes : « … un Raymond de Beaussier, Comte de Provence, est enrôlé parmi les troupes de Du Guesclin et se bat pour défendre la Provence au XIVe siècle. S’il y eut parmi eux beaucoup de marins et des militaires de l’armée de terre, on compta également des magistrats, des ecclésiastiques et des administrateurs de grand talent. La famille Beaussier compta une suite ininterrompue de 27 officiers de marine avec, au début, Jean de Beaussier, Capitaine de la galère du Roi La Diane en 1520, jusqu’à Louis Emmanuel de Beaussier, mort contre-amiral à Toulon en 1836. Ils ont participé à toutes les grandes batailles navales livrées par la flotte française sous le commandement des Duquesne, des Tourville. Ils commandèrent les plus beaux vaisseaux de la flotte française et nombre d’entre eux ont péri dans les combats, ou sont revenus mutilés et couverts de blessures. »

 … en Anjou.

Selon certaines sources, l’apparition du nom BEAUSSIER en Anjou serait consécutive au débarquement à Brest de BEAUSSIER, marins venus de Toulon au début du XVIIIème siècle … Mais il est attesté que la présence des Beaussier en Anjou est bien antérieure : l’existence d’une famille de nombreux BEAUSSIER, closiers ou métayers, est avérée à Cheviré-le-Rouge, près de Baugé, dans le Maine-et-Loire dès le début des années 1500 (généalogie Beaussier-Basset de Françoise Alzon et Jean-Paul Beaussier), et Célestin Port relève un Honoré BEAUSSIER maître chirurgien à Angers en 1617 (en réalité, de passage à Angers, Honoré était chirurgien du Roi à la cour de Louis XII et originaire de Toulon …), puis de très nombreux à partir de cette date.

On peut se poser, avec Georges Beaussier, la question de l’existence d’une origine commune aux BEAUSSIER de Provence et d’Anjou, qui pourrait s’expliquer par le lien historique ancien entre l’Anjou et la Provence, au moins depuis Charles Ier de Sicile, Comte d’Anjou et de Provence (1226-1285), qui résidait alternativement en ses châteaux d’Aix en Provence, de Baugé et de Saumur …