Des matrones aux sages-femmes.5

5- … poursuivons la lecture du registre paroissial de Saint Médard à Cheviré-le-Rouge, de 1692 à 1703, avec Catherine Beaussier …

 

D’autres fois, apparait de manière explicite la notion de « péril imminent de mort » :

8. « le dix huit septembre 1692 a esté enterré l’enfant de René Chesneau né de ce jour et baptisé à la maison à cause du péril de mort par catherinne beaussier, et de jacquinne choppin son épouse de cette paroisse lesquels ne savent signer » (AD 49-Cheviré le Rouge, 1692-1702, page 12/185)

 

C’est « à cause du péril de mort » que l’enfant a été baptisé à la maison, dans les formes requises, par la sage-femme Catherine .

L’enfant enseveli ne porte pas de prénom, car il n’a pu recevoir les cérémonies complètes du baptême à l’église.

 

9. « Le dixième jour de febvrier 1693 ont estés inhumés au petit cymetierre par nous viquaire soussigné deux enfants baptizés à la maison pour le danger iminent de mourir en lequel estoient enfants de jean du moullin leur père et la mère perrine doineau … » (AD 49, CLR 1692-1702, page 19/185)


    Ici, bien que non citée, l’intervention de la sage-femme est plus que probable pour une naissance gémellaire … Le vicaire fait toute confiance aux parents qui déclarent que leurs jumeaux ont été bien baptisés à la maison « pour le danger imminent de mourir », avant que d’être inhumés au petit cimetière.

     Remarquons que Perrine Doisneau et Catherine Beaussier étaient cousines (vous pouvez les retrouver dans notre arbre généalogique sur webtrees).

     Nous savons que Perrine a épousé Jean Dumoulin le 24 avril 1691, à Saint Médard, à l’âge de 24 ans. Il est probablement closier et demeurent à la Besnardière, à Cheviré.

     Les jumeaux sont les premiers de leurs quatre enfants. Seul survivra leur fils, Jean, né à Cheviré le 22 décembre 1693, à peine dix mois après le décès des jumeaux … Leur quatrième enfant, Michel, né le 26 décembre 1694, est inhumé le 8 janvier 1695. Quant à Perrine, elle sera inhumée à peine deux ans plus tard, le 27 décembre 1696, à trente ans.

     Fatal mois de Décembre … On est bien loin de la « douceur angevine »…

     Jean n’a alors que quatre ans, et son père, Jean Dumoulin, se remarie vite le 29 juillet 1697, en plein été …

 

10. Mention en marge « sépulture d’un enfant mort sans avoir reçu les cérémonies du baptême »

«Le trente et uniesme Jour du mesme moy et an que dessus (juillet mil six cent quatre vingt seize) a esté inhumé au petit cymetière de cette paroisse par nous curé soussigné le corps d’une fille née et décédée aussi de ce jour dans une maison de ce bourg  laquelle avoit été baptizée en ladite maison estant en danger de mort par michel moreau en présence de pierre maubert et dont le père se nomme françois aleaume la mère jeanne boyau … »

     Ici, il est précisé dans la marge que l’enfant inhumée, une fille, est morte sans avoir reçu les « cérémonies du baptême », lesquelles, on le rappelle, se célébraient à l’église dans les vingt-quatre heures après la naissance. Mais étant en danger de mort, elle a dû être baptisée en urgence par Michel Moreau, à la maison, en présence d’un témoin, Pierre Maubert, ce qui permet au curé de valider le baptême.

    Nous avons déjà rencontré François Alleaume (maréchal en œuvres blanches à Cheviré), époux de Jeanne Boyau, à l’occasion de la naissance de leur seconde fille, le 7 octobre 1797, un an plus tard, elle aussi morte à la naissance. (voir n° 1 de cette série).

 

 

 

11. En marge « cérémonies du baptesme de michel moreau »

« le huistiesme jour d’aoust mil huit cent quatre vingt seize nous vicaire soussigné avons fait les cérémonies du baptesme a un enfant qui a esté nommé michel fils de michel moreau et de françoise Legeai son épouze né de ce jour dans une maison de ce bourg lequel a été baptizé en laditte maison étant en péril de mort par françois aleaume Maréchal en présence dudit moreau père et marguerite huguet femme de maistre pierre deschamps ont été parein au catéchisme seulement julien moreau et mareine jeanne legeai tous de cette paroisse qui ont dit ne scavoir signer » (AD 49 CLR 1692-1702, page 80/185).

 

     Ici, contrairement à la situation précédente, on voit que l’enfant baptisé à la maison en péril de mort par François Alleaume (maréchal, et déjà rencontré ci-dessus …), en présence du père et de Marguerite Huguet, a pu recevoir à l’église le même jour les cérémonies du baptême, ainsi que le prénom paternel de Michel. Malheureusement, Michel ne vivra pas longtemps et décédera trois semaines plus tard,  le 2 septembre …

     N.B.- Michel Moreau et Catherine sont apparentés (vous pouvez les retrouver dans notre arbre généalogique sur webtrees). . Michel Moreau, né le 7 février 1665 à Cheviré, veuf de Marie Bariller, a épousé en secondes noces, le 30 août 1695 à Baugé, à deux lieues à l’est de Cheviré,  Françoise Legeay, née le 14 mars 1674 à Baugé.

     Relevons que le parrain accepte bien d’être parrain, mais « au catéchisme seulement » …

 

Cas de « l’ondoiement en danger de mort » :

12. « Le vingt deux d’octobre mil sept cent nous curé soussigné avons administré les cérémonies de baptême à pierre fils de Louis Beaussier et de Renée Chevreux du village des varennes de cette paroisse après qu’il nous a esté certifié par Catherine beaussier veuve matronne qu’il avoit été ondoyé en danger de mort par maitre francois fontaine sieur de la pidoussière de la ville de la flèche … » (AD49 Cheviré 1700 page 153/185).

 

     Voici un autre cas de figure : ondoyé en danger de mort par le très respectable maître François Fontaine sieur de la Pidoussière (1634-1718), ainsi que le certifie sa tante, la « veuve matronne Catherine Beaussier », Pierre a pu recevoir à l’église paroissiale de Cheviré les cérémonies du baptême dans leur intégralité.

     On ne sait pas s’il était né de la veille ou du matin, mais nous savons qu’il a vécu. En effet, Pierre est le sixième des quinze enfants de Louis Beaussier, fermier aux Varennes à Cheviré. Il nous est apparenté directement : époux de Renée Chevreux, c’est le fils de notre ancêtre Mathurin et Jeanne Gazeau, et le frère de notre sage-femme, Catherine.

     Ledit Pierre décédera aux Varennes à l’âge de 32 ans, célibataire, le 24 novembre 1732.

     Remarquons que, dans notre série, c’est le premier enfant né en danger de mort qui survit durablement à sa naissance et au baptême …

Le « baptême sous condition », en pratique :

13. « Le neuf de février l’an 1701 a esté baptisé sous condition par nous vicaire soussigné René fils de Louis Baudoin et de Jeanne legras, qui avoit été baptisé à la maison par francoise favreau, mais parce que personne n’a pu nous attester comment elle avoit fait, nous l’avons baptisé sous condition … » (AD49 Cheviré 1701 page 158/185)

 

     Ladite Françoise Favreau affirme bien avoir baptisé René à la maison, mais personne ne pouvant en attester, le vicaire doute du mode opératoire …

 

     Le baptême sous condition s’impose alors …

 

14. « Le dixiesme novembre mil sept cent deux ont esté suppléé les cérémonies du baptesme à pierre Bazot qui a esté baptisé à la Maison par Jean Bazot son père estant en danger de mort et ne s’estant trouvé aucune personne pour le faire […] nous avons cependant baptisé ledit enfant sous condition n’y ayant point de témoins pour nous certifier la vérité du baptesme » (AD49 CLR 1692-1702, page 185/185)

 

    Ici, c’est le père, seul présent à l’accouchement, qui, après avoir constaté que son fils était en danger de mort, l’a baptisé sans attendre.

     Jean Bazot n’avait pas le choix, et il a bien fait … Mais le curé doute, et en l’absence de témoins pour « certifier la vérité du baptême » paternel, il décide de baptiser Pierre à Saint Médard « sous condition » …

 

15. « Le sixième jour de février l’an 1702 ont estes supplées les cérémonies du baptesme à Jean fils d’Anthoine Baudoin et de Martine Renou a eu pour parrain Jean lemonnier et pour marraine perrine moreau, a esté baptisé à la maison par pierre Livache, et cependant nous l’avons baptisé sous condition n’y aiant assez de preuves pour nous certifier de la vérité du baptesme… » (AD49 CLP 1692-1702 page 173/185)

     Là encore, le baptême a été fait à la maison par Pierre Livache, mais cela ne semble pas une preuve suffisante aux yeux du curé pour « certifier de la vérité du baptême ». Est-ce que le nommé Pierre Livache est quelqu’un de fiable ? Il ne le semble pas … Faut dire que le curé a déjà eu à faire avec Antoine (voir 16), dans des circonstances beaucoup plus dramatiques …

    Jean sera inhumé quatre jours plus tard. Quant à son père, Antoine, remarié en quatrièmes noces avec Martine Renou le 36/06/1700, il habite alors à la Pentière à Cheviré, et y meurt à 50 ans le 10 juin 1709, après avoir eu 4 enfants de ce dernier mariage.

 

16. « Le cinquiesme jour de avril de l’année 1697 ont estés baptisées renée et anne enfants jumeaux filles de Jean chapeau et de Jullienne Tourault, elle ont estés baptisées à la maison, scavoir renée par michel moreau et anne par catherinne boussin, mais à cause de la précipitation où estaient les baptisans je les ay baptisés sous condition … » (AD49 Cheviré 1697 page 93/185)

     Là encore, des jumelles sont baptisées à la maison l’une par Michel Moreau, l’autre par Catherine Boussin (née Beaussier), sage-femme. Mais dans la « précipitation » dont témoignent les baptisants, ce qui paraîtra bien compréhensible pour une naissance gémellaire, probablement un peu compliquée, la forme du baptême a pu ne pas être observée parfaitement. Le principe de précaution s’impose au curé, qui les baptise alors à l’église « sous condition ».

     Toutes deux seront inhumées le lendemain, six avril.

17. « Le dix-neuf de septembre 1705 a esté baptisé sous condition par nous vicaire soussigné mathieu fils de claude pessard et de jeanne reine qui a esté baptisé à la maison par ledit claude pessard son père estant en danger de mort et n’y ayant aucunne autre personne pour le faire et comme ledit pessard nous a déclaré qu’il estoit si troublé qu’il ne scavoit quasi ce qu’il faisoit cela nous a obligé de le baptiser sous condition … » (AD49 CLR 1703-1712, page 40/157)

     Encore un père qui se retrouve seul avec son fils nouveau-né en danger de mort … Il a l’honnêteté de déclarer au vicaire  » qu’il estoit si troublé qu’il ne scavoit quasi ce qu’il faisait » a posteriori. Et l’on compatit …

     Mathieu sera inhumé à Cheviré cinq mois plus tard le 15 février 1706.

 

 

18. « Le quinziesme jour d’aoust dudit an 1697 nous prestre vicaire soussigné avons administrés les cérémonies du baptesme à Etienne Tourault, fils d’Estienne Tourault et de Marguerite Rousseau, qui vint au monde hier au soir et fut baptisé par Jean Maupoint, mais parce que il nous a semblé qu’il y aurait eu quelque erreur en son baptesme nous l’avons baptisé sous condition … » (AD49 1692-1702, page 97/185)

Etienne a été baptisé la veille au soir par Jean Maupoint, mais le curé ne semble pas tout à fait convaincu par les explications des présents sur les modalités du baptême. Il lui « semble qu’il y aurait eu quelque erreur », sans préciser lesquelles. Il décide alors d’administrer les cérémonies à l’église « sous condition ».

     Etienne sera inhumé à Cheviré le 1 avril 1699, âgé de vingt mois.

 

19. « Le vingt et trois de Juillet 1699 nous prestre vicaire soussigné avons administré les cérémonies du baptême à René fils de René Langlois et de Jeanne le Cellier qui fut baptisé hier au soir à la maison par Jacquine cherdon sage-femme de la paroisse de montigné, cependant doutant que ledit enfant n’eust pas esté baptisé parce que ladite sage-femme nous a dit qu’elle ne le croiait point à cause de l’obscurité de la nuit n’aiant ny feu ny chandelle, nous l’avons baptisé sous condition … » (AD49 Chevire 1699, page 138/185)

     Né probablement bien tard dans la soirée du 22 juillet, par une nuit sans lune (ou à peu près … en effet nous avons vérifié : ce mercredi 22 juillet 1699, le soleil s’est couché à 21:48, à la lune décroissante, la nouvelle lune étant 4 jours après …), René est baptisé par la sage-femme venue de Montigné, à quelques lieues de là. Mais sans éclairage, « ni feu ni chandelle », il lui est impossible de certifier au curé que l’eau ait bien touché le corps du nouveau-né … D’ailleurs elle-même dit ne pas le croire … Doutant alors que le baptême ait été fait dans les formes requises, le curé administre le lendemain, au matin, lesdites cérémonies, « sous condition ».

      René sera inhumé deux jours plus tard, le 24 juillet suivant

 

Encore des doutes …

20. « Le huitiesme jour de mars de l’année 1697 est née et a été baptisée à la maison par Catherine Beaussier mais à cause du doute car elle ne l’a baptisée que sur une jambe, a été baptisée sous condition par nous vicaire soussigné, marie, fille de pierre Belamy et de Etiennette Tourault … » (AD49 Cheviré 1697 page 93/185).

 

 

 

 

 

 

     Il s’agit probablement d’une rare présentation du siège décomplétée mode des pieds, très défavorable à l’accouchement par voie basse. Nous n’avons pas trouvé la date de son décès, mais c’était probablement avant le 4 décembre 1701, date de la naissance de sa sœur aussi prénommée Marie …

N.B.– Pierre Belamy et Catherine Beaussier sont cousins  (vous pouvez les retrouver sur notre arbre généalogique sur webtrees).

 

21. « Le seizième jour d’ avril 1698 ont estés baptisés deux enfans jumeaux un garçon et une fille apartenant à honoré Tourault, et urbainne odiau leurs père et mère demeurant dans ce bourg au lieu de la petite Roche, ont été parrain et marainne du garçon martin raveneau et Jeanne tourault ils, lui ont donné le nom de martin, la fille a été ondoiée à la maison par catherinne beaussier sage femme, mais parcequ’elle n’a pu faire tomber l’eau que sur une des jambes nous l’avons baptisée sous condition … ». (AD49 CLR 1692-1702, page 122/185)

    Même cas de figure que précédemment pour la jumelle, Perrine, née probablement après son frère, ondoiée à la maison par Catherine, alors que le frère jumeau, Martin, a pu attendre de recevoir les cérémonies du baptême à l’église. Elle a été baptisée sous condition avec son frère, l’eau n’étant tombée « que sur une des jambes ».     

Nous savons que Martin a été enterré dans le petit cimetière de Cheviré le 21 avril suivant, cinq jours plus tard, et Perrine le 2 mars 1702, à quatre ans. 

 

 

22. « Le trente d’octobre [1700] est née et a esté baptisée par catherinne beaussier matrone, marie fille de Jullien moreau et d’anne maucourt […] cependant craignant que ledit enfant ne fust pas bien baptisé d’autant que laditte beaussier n’a fait tomber l’eau que sur une des jambes, il a été baptisé sous condition par nous vicaire soussigné … » (AD49 Cheviré 1700 page 153/185).

    Encore probablement un siège qui exigeait de la sage-femme la connaissance et la parfaite maîtrise de manœuvres complexes. Mais c’était une autre affaire pour baptiser : à chaque fois, Catherine ne baptise « que sur une des jambes »

    N.B.- Mariés le 12 août 1698 au Vieil Baugé, Marie était probablement le premier enfant.de Julien et d’Anne. Elle a eu ensuite plusieurs sœurs dont aucune ne s’est prénommée Marie, ce qui tend à prouver qu’elle a vécu au moins une dizaine d’années …

 

 

23. « Le troisiesme jour de février 1698 a esté baptisé sous condition par nous vicaire Jacques fils de Jacques gazeau et d’Urbainne de la mare demeurant dans ce bourg lequel a esté baptisé à la maison par marguerite huguet sage femme mais comme elle n’a répandu l’eau que sur une jambe dudit enfant nous l’avons baptisé sous condition … » (AD Cheviré le Rouge 1698, page 121/185)

 

 

    

 

 

 

     Encore un accouchement par le siège … Décidément, baptiser sur une seule jambe, c’est mieux que rien, certes, mais ça ne suffit pas à rassurer le vicaire … Et il n’y a pas qu’à Catherine que cela arrive …

 

 

 

 

… et quand Catherine, elle aussi, a des doutes …

24. « Le douze de septembre l’an 1700 ont estés baptisés par nous vicaire soussigné deux enfans jumeaux un garçon et une fille appartenant à Jacques Jouis et à marie Toulon ; le garçon nommé françois a esté baptisé à la maison par catherinne Beaussier sage femme, cependant à cause de quelque doute nous l’avons baptisé sous condition … ». (AD Cheviré 1700 page 151/185)

     Nous retrouvons ici la même situation qu’à l’acte 21. Il s’agit aussi d’une naissance gémellaire : pas de problème de doute pour la fille, prénommée Magdelaine, qui recevra les cérémonies du baptême à l’église avec son frère François. Mais pour celui-ci, « sous condition » parce que baptisé en urgence à la maison par la sage-femme Catherine, avec un doute …

 

25.  » Le seizième jour de novembre 1701 ont estés supplées les cérémonies du baptesme par nous vicaire soussigné à marie fille d’honoré tourault et d’urbaine odiau, qui a esté baptisée à la maison par catherine beaussier, et cependant à cause des quelques doutes où elle estoit nous l’avons baptisée sous condition … » (AD49 Cheviré 1701 page 166/185).

 

 

 

 

 

 

 

26. « L’onze de juin l’an 1703 ont été suppléés les cérémonies du baptesme par nous vicaire soussigné à pierre beaussier fils de michel cottereau et de louise gazeau, a esté parrain pierre beaussier et marraine louise cottereau sœur dudit pierre cottereau qui a esté baptisé à la maison par catherine beaussier matrone à cause du péril de mort où il paraissait estre, nous l’avons cependant baptisé sous condition à cause de quelques doutes ou estoit laditte beaussier… » (AD 49 CLR 1703/1712, page 7/157)

 

 

 

      Catherine Beaussier est tante de Louise Gazeau (vous pouvez les retrouver dans notre arbre généalogique sur webtrees)

     Louise Gazeau, née le 13 octobre 1658 à Cheviré, a épousé le 30 avril 1675 à Jarzé, à une lieue et demi au sud-ouest de Cheviré, Michel Cottereau, un marchand fermier aisé. Elle a 16 ans et lui 25. Elle lui donnera dix enfants, dont Pierre est le dernier. Nous n’avons pas trouvé son acte de décès, mais elle est décédée lors du mariage de sa fille Louise, le 30 mai 1713 à Cheviré le Rouge. Son frère Pierre aussi probablement, car il n’assiste pas au mariage.

 

 

 

 

    

Des naissances illégitimes, pour terminer …

27.  » Le trentiesme jour de juillet mil six cent quatre vingt seize a esté baptisée parnous vicaire soussigné anne illégitime dont le père nous est inconnu et la mère se nomme marie Landelle née de ce jour au lieu appelé les rouillères de cette paroisse comme nous a assuré cathrine beaussier sage femme veuve de mathieu boussin, René gitois a esté parein et françoise lasne mareine … » (AD 49-Cheviré le Rouge 1696, page 79/185)

     Rappelons qu’obligation était faite à la sage-femme de signaler toute naissance illégitime ayant nécessité son intervention. D’autre part un édit royal de 1556 (Henri II) faisait obligation aux filles ou femmes enceintes non mariées ou veuves de déclarer au greffe de leur juridiction leur état, pour prévenir les infanticides.

     En pratique, la sage-femme devait recueillir le nom du père présumé de la bouche de l’accouchée pendant les douleurs du travail , et seul l’aveu obtenu dans ces conditions avait valeur légale, comme si la souffrance faisait office de « sérum de vérité « …

     Il est peu vraisemblable que Catherine ait ainsi contraint Marie Landelle, dont le conjoint putatif nous est resté inconnu …

     Il faut bien constater que les naissances illégitimes étaient très rares à Cheviré : une à deux par an.

Voilà qui clôt la lecture du registre paroissial de Saint Médard, à  Cheviré-le-Rouge, en compagnie de Catherine Beaussier, sage-femme assermentée …

jpb bx 09/05/2025

2 réflexions sur “Des matrones aux sages-femmes.5”

  • Bravo.
    J’ai appris plein de choses, notamment au sujet du caractère « sous condition » du baptême.
    Amicalement
    Alain

  • JPBAuteur de l’article

    merci de tes encouragements…
    le plus étonnant est que tout cela, autour du bapteme, reste toujours actuel…
    amicalement
    jp

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *