Histoire de La Martinière
HISTOIRE DE LA MARTINIÈRE
Cette histoire de la Martinière est principalement établie à partir des manuscrits de la famille Basset. Il semble donc évident qu’un lien existe entre LE MOULIN DE RIBARD, objet de nos précédentes Newsletters et LA MARTINIÈRE. Quel est-il ?
Ce lien entre le Moulin de Ribard et le domaine de La Martinière repose principalement sur une continuité archivistique et familiale, même si tous les détails généalogiques ne sont pas encore formellement établis.
Voici les points clés qui les unissent :
- Une figure commune : Le Chevalier Claude de Bérard de la Croix est le personnage central de l’histoire du Moulin de Ribard (située à la fin du XVIIe siècle près du Vieil Baugé, à une dizaine de km de St-Georges-du-Bois). Bien que le lien de parenté exact entre C. Bérard de la Croix et les ancêtres de la famille (les Delacroix) ne soit pas identifié, il est le pivot qui relie ce récit à la suite de l’histoire locale.
- Les manuscrits de la famille Basset : C’est à travers la collection de documents de la famille Basset que l’on passe de l’histoire du Moulin à celle de La Martinière. Cette source identique souligne que le fait que ces documents (ceux du Moulin et ceux de La Martinière) soient parvenus ensemble jusqu’à aujourd’hui constitue une preuve quasi certaine d’un lien historique ou familial étroit.
En somme, La Martinière est considérée comme la suite narrative et documentaire de l’histoire amorcée au Moulin de Ribard, les deux étant préservés au sein du même héritage familial.
L’ensemble de cette chronologie a pu être établi grâce à la continuité de la lignée directe sur plusieurs siècles, des plus anciens propriétaires connus (1767), les Delacroix (*) jusqu’aux descendants actuels.
La Martinière appartient à la famille depuis probablement le 17ème siècle (estimé entre 1650 et 1700. Une mention dans un manuscrit du 18ème siècle indique que la maison était alors « en mauvais état », ce qui aide à confirmer son ancienneté).
L’histoire de la transmission se conclut avec Jean Basset, le dernier propriétaire, qui a conservé les archives familiales permettant de reconstituer cette histoire. Merci à lui et à tous ceux qui l’ont précédé.
Plus de 160 manuscrits et tapuscrits ont ainsi été préservés, couvrant la période de 1689 à nos jours.
(*) La grand-mère maternelle de notre arrière-grand-mère paternelle (**), c’est-à-dire notre quadrisaïeule était une Delacroix.
* [Catherine Delacroix épouse en 1825 François Baillif] – ** [Marie Baillif épouse en 1880 Jean-Marie Basset]
1767 - Louis XV

CONTEXTE 1765-1769
– A la mort de Louis XIV en 1715 (72 ans de règne). Louis XV (son arrière petit-fils de 5 ans) lui succède et s’installe aux Tuileries. Régence de Philippe d’Orléans jusqu’en 1723.
– En 1767 : Louis XV est toujours au pouvoir et ce fut une très longue période de guerres européennes. Pour la « petite histoire », le 19 juin 1767 la bête du Gévaudan est abattue.
BEAUFORT-EN-VALLEE
Depuis le Moyen-âge, Beaufort-en-Vallée est réputé pour ses compagnons tisserands. Comme le chanvre pousse bien dans la vallée, Colbert autorise en 1750 la création d’une manufacture de toile royale qui va faire la prospérité de la ville. La ville devient un important centre de commerces et de marché (dans les Halles). [https://beaufortenanjou.fr/]
1.1. La première mention « officielle » connue à ce jour concernant La Martinière apparaît dans les « Archives criminelles et civiles du pays baugeois » en 1767.
Les faits relatés dans le récit qui suit, sont rigoureusement exacts. Ils sont extraits du livre « VIN DE LUNE ET PAIN DE MISERE » un document établi à partir des archives criminelles et civiles, dans le pays Baugeois, à la fin de l’Ancien régime et dont la mise à jour a été réalisée par Jean Renard, Maître-Assistant à l’Université Catholique de l’Ouest à ANGERS en 1982.
« L’examen des archives de la sénéchaussé de Baugé a permis de mettre à jour l’essentiel des faits qui avec les calamités troublèrent à la veille de la révolution, la quiétude des jours dans le pays Baugeois. On y relève, au cours de l’année 1767, sur le territoire de la Commune (*), trois vols avec effraction ayant fait l’objet d’une plainte. […]
– VOL le 6 octobre 1767 dans la chambre de Jean Delacroix, tisserand à la Martinière. Porte ouverte – serrure forcée – métier dérangé – argent du coffre de son fils Jean, enlevé avec quelques effets – soit 129 livres, 8 sols, plus 15 livres de fil appartenant à Charlotte Bruneau. »
(*) Il s’agit de la commune de St-Georges du Bois
1.2. Qui sont Jean Delacroix et Charlotte Bruneau ?
Né en 1708, Jean Delacroix épouse le 25 mai 1743 Anne-Charlotte Bruneau à Saint-Georges-du-Bois. Il est tisserand, ils ont 3 fils : Jean, Pierre et Louis. D’après le manuscrit qui suit (1768), il semble que la Martinière ait été scindée en plusieurs propriétés. Jean (le père) a reçu une partie de la Martinière en héritage soit de son père (Jean Delacroix, né en 1656) soit de sa mère Anne Richard née en 1653. Ce peut-être aussi un héritage de la famille de sa femme (la famille Bruneau).
1768 - Louis XV

LE « DERANGEMENT DES SAISONS » : de 1768 à 1770
1768 : En Anjou du 1er mai au 1er décembre, il a plu presque tous les jours après deux années sans pluie.
« Le blé n’ayant été nourri que d’eau, n’a presque point donné de pain ; on a eu beaucoup de peine à semer les blés ; les chemins n’avaient jamais été si mauvais ».
En raison de l’abondance des pluies « on eut toute difficulté à ramasser les blés et à les battre et plusieurs n’ont fini leur récolte qu’en mai 1769 où il fait trois semaines de beau temps »
[Extrait de « La Mémoire des paysans » J.M. Moriceau – Chroniques de la France des campagnes 1653-1788]
2.1. Manuscrit daté du 13 avril 1768
Vente par Messire Claude René Derusson Seigneur de Bonnezeau et son épouse Jeanne-Marie Poilpré (née le 17/6/1742 à Saint-Georges du Bois, mariés le 16.01.1768 à Baugé), habitant Terre de Bonnezeau à Thouarcé
à
Michel Ganné le jeune, charpentier de marine habitant à Saint-Georges du Bois :
1/ d’une maison comportant :
– 3 chambres basses, l’une à four et cheminée, la seconde à cheminée, la troisième sans cheminée. Dans l’une des chambres basses est un pressoir qui demeure réservé
– 1 chambre haute avec cheminée, deux greniers au-dessus, couverts en ardoises
– 1 jardin au derrière
2/ De deux quartiers de vigne situés au Clos de (laissé en blanc dans l’acte de vente) canton des Mothais.
La Martinière n’est pas nommée dans ce manuscrit, mais toute la desciption concorde avec cette maison (cf Jean Basset).
Les vendeurs « reconnaissent que la maison est en mauvais état de réparation et de réfection » et l’acquéreur pourra en faire dresser procès verbal. La vente est faite pour la somme de 650 livres. On estime actuellement la livre tournois aux environs de 11 euros. Soit une somme d’environ 7.500 euros 2026.
2.2. La famille Ganné
La famille Ganné est apparentée à notre famille par les Bruneau.
Michel Ganné, charpentier de marine, (dont les parents sont originaires de Sermaise) épouse en 1761 Jeanne Bruneau, nièce de notre ancètre Anne Bruneau qui s’est mariée en 1743, en secondes noces avec Jean Delacroix (tisserand).
MANUSCRIT DU 13 AVRIL 1768
Le treizième jour d’avril mil
sept cent soixante huit avant
midi,
Devant nous notaires royaux à Baugé y résidant
soussignés, furent présents messire Claude
René Derusson, chevalier seigneur de
Bonnezeaux et dame Jeanne Marie Poilpré
qu’il autorise, demeurant à la
dite terre de Bonnezeaux, paroisse de Touarcé
lesquels ont vendu, quitté, délaissé,
et transporté par les présentes promettent et
s’obligent avec et solidairement et renonçant et
garantis de tous troubles, évictions, interruptions,
et autres empêchements de jouissance
généralement quelconques, perpétuellement
à Michel Ganné le jeune, charpentier de
marine demeurant au bourg de Saint-Georges
du bois, ci présent, les acceptant […] (8 pages en tout)
1772 - Louis XV

Depuis 1770 le défrichement de la forêt de Beaufort permet d’accroître les superficies cultivées. Il s’agit du projet du Comte d’Essuile. Celui-ci alliène le sol de la forêt à des particuliers moyennant une redevance. Bien que les terres de l’ancienne forêt voisines de l’Authion soient menacées par les inondations, les colons s’installent.
9 janvier 1772 : Tremblement de terre en saumurois. Intensité de 7,5.
[Extrait de « La Mémoire des paysans » J.M. Moriceau – Chroniques de la France des campagnes 1653-1788]
3.1. Manuscrit daté du 19 juin 1772 (fin du règne de Louis XV décédé en 1774)
Il s’agit de la vente d’une partie de la maison par les héritiers de Charles Bruneau et Marie Aubineau
à
Michel Gabriel Blanchet et Perrine Aubineau
On retrouve ici la famille Bruneau déjà mentionnée en 1767. Les familles Bruneau, Aubineau, Delacroix puis Baillif apparaissent étroitement liées par des alliances successives, tissées au fil des mariages. Toutes ont, à un moment ou à un autre, pris part à l’acquisition de l’ensemble de la propriété de la Martinière.
Un peu plus loin vous pourrez lire sur la 2ème page du manuscrit la description de la partie vendue ainsi que les servitudes découlant de cet achat, aussi que cette maison est « Attenante aux maison et chambre de Jean Delacroix et sa femme etc…) ». Il paraît donc évident que les Delacroix possèdent une partie de la maison, l’autre partie faisant l’objet de ce manuscrit.
3.2. La maison
D’après les descriptions et en regardant la première photo qui figure tout en haut de cette page, nous avons la confirmation qu’il y a 2 maisons distinctes. Les Delacroix tisserands occupent la maison à l’est et les Blanchet-Aubineau viennent d’acheter la maison à l’ouest.
1ère PAGE DU MANUSCRIT DU 19 JUIN 1772 – 7 pages en tout
Le dix neuvième jour de
juin mil sept cent soixante
douze après midi,
Devant nous Jacques Malecot Notaire royal
à Baugé, résidant à Fontaine Guérin et Jean
Charenton aussi notaire royal au dit Baugé
résidant à Saint Georges du Bois soussignés.
Furent présents en personne Jean
Aubineau, bêcheur demeurant paroisse de Sermaise
Jacques Marquis aussi bêcheur et Renée Aubineau
sa femme de lui autorisée pour l’effet des
présentes, demeurant paroisse du Vieil Baugé,
Perrine Thibault fille majeure demeurant
susdite paroisse du Vieil Baugé, Marie Thibault
aussi fille majeure, domestique demeurant
paroisse de Chaumont, lesquelles parties promettent
et s’obligent faire ratifier les présentes
dans un an à compter de la date des présentes
à peine xxx néanmoins xxx à Françoise Thibault
fille mineure domestique demeurant ville
de Baugé, lesquelles filles Thibault sont
issues du légitime mariage de Luc Thibault […]
Pour (peut-être) y voir plus clair, à gauche un arbre de la famille ayant bénéficié de cet acte notarial. Il s’agit de la succession de Marie Aubineau et Charles Bruneau, les héritiers sont présents : Jean Aubineau, Perrine Aubineau et Louis Thibault ainsi que leurs 3 filles (Perrine, Marie et Françoise) et Renée Aubineau et son mari Jacques Marquis
Voici la 2ème page du manuscrit qui éclaire sur la maison et les droits de chacun :
« et à Perrine Aubineau sa femme qu’il autorise en cette partie présents et acceptant, demeurant à la paroisse de Saint-Georges […] savoir : une chambre de maison à four et cheminée, grenier au-dessus couvert de tuiles et ardoises située au canton de la Martinière, attenante aux maison et chambre de Jean Delacroix à côté de sa femme, avec une grange couverte de sarments et une cave voutée en pierres de taille, le tout situé au canton de la Martinière sise paroisse de Saint-Georges avec droit de passer et repasser à pied, à cheval, boeuf et charrette dans l’aireau commun avec les Delacroix, de faire sur place dans ledit aireau ses paille, foin, fumier et chaume, d’y faire pourrir le tout ainsi qu’ils aviseront, avec le droit en outre de prendre la moitié des noix provenant des noyers situés dans ledit aireau commun avec les Delacroix et d’y battre et agrenner leur blé, de puiser de l’eau dans le puits commun ainsi qu’ils aviseront et de l’entretenir par moitié avec lesdits Delacroix. »
1793 : début des guerres de Vendée. Nous vous raconterons plus tard l’histoire de Pierre Basset frère de notre ancêtre Jean et arrière-grand-oncle de Marie Basset épouse d’Eugène Beaussier. Pierre né en 1784 fut enrôlé au 102ème de Ligne pour participer à la guerre avec l’armée de l’Ouest partie combattre les Vendéens lors de différentes campagnes.
Le 18 mai 1804 Napoléon Bonaparte est proclamé Empereur héréditaire des Français sous le nom de Napoléon 1er.
Saint-Georges (depuis 1793) s’appelle en 1801 Saint-Georges-des-Bois puis devient en 1804 Saint-Georges-du-Bois.
4.1. Manuscrit daté du 13 juillet 1804 (24 messidor an 12) (Napoléon 1er)
Il s’agit de la succession de Jean Delacroix (1744-1778) tisserand, fils de Jean Delacroix et Charlotte Bruneau dont il est question en 1767) et de son épouse Marie Le Masson (1748-1799). Le partage en 4 lots (un pour chacun des enfants) se fait par tirage au sort.
1er lot : Jean Delacroix né en 1771 (petit-fils de Jean, fils de Jean)
La Martinière : Une chambre de maison avec four et cheminée, avec grenier au-dessus, carrelé et couvert de tuiles creuses
La moitié du jardin en ouche près l’aireau, contenant 1a env.
2ème lot : Joseph Delacroix (tisserand) son frère né en 1773
La Martinière : Une chambre de maison sans four ni cheminée, avec grenier au-dessus, couvert d’ardoises
La moitié du jardin en ouche à prendre en long là où il y a une loge dans laquelle est un pressoir faisant partie de ce lot, joignant vers le nord le petit chemin, avec usage à l’aireau et au puits commun
Un morceau de vigne situé dans l’ouche près du Bourg
Un pré à La Martinière et une vigne à Palayer
3ème lot : René Frémont (tailleur d’habits) époux de Marie Delacroix née en 1775
Un morceau de terre labourable situé à La Martinière
Une vigne à Palayer
4ème lot : René Auvé (cultivateur) époux de Magdeleine Delacroix
Un morceau de terre labourable situé à La Martinière
Une vigne à Palayer
Vous lirez dans le manuscrit ci-dessous comment a été fait le partage par tirage au sort. Tout est bien calé et bien expliqué. Toutefois ce qui paraît bizarre c’est qu’il manque visiblement une page à ce manuscrit. La page suivante est celle des signatures et l’assignation des lots n’est pas clairement expliquée. A part les deux premiers lots qui correspondent, peut-être y a-t-il eu un « arrangement » qui figurait dans la page manquante. Je me fais peut-être des idées, sûrement même. C’est (un peu) pourquoi je me suis penchée sur le droit des femmes à cette époque. Voir plus loin. FAM
[…] les copartageant ont dit être prêts à les tirer au sort, suivant la loi. Pour cet effet, il a été fait quatre bulletins de papier, d’égale grandeur enroulés également. L’un portant Premier lot, un Deuxième lot, un Troisième lot et l’autre portant Quatrième lot. Lesquels bulletins déposés dans un chapeau. En premier lesdites copartageantes présentes et les femmes de leurs maris autorisées ont arrêté que ledit Jean Delacroix tirerait le premier, ladite Madeleine Delacroix femme Auvé tirerait la seconde, ladite Marie Delacroix femme Frémont tirerait la troisième et que le quatrième bulletin resterait à Joseph Delacroix. Chacun des susdits dans leur rang ayant un bulletin, il est résulté que le premier lot est audit Jean Delacroix, le quatrième […]
4.2. LE DROIT DES FEMMES EN 1804
Malgré Olympe de Gouges qui publie, en 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » (art. 1er), la Révolution française ne modifie pas la condition des femmes et ne leur ouvre pas le chemin de la citoyenneté. Au contraire, en 1804, le code civil institutionnalise l’infériorité de la femme qui « doit obéissance à son mari ».
Le statut juridique de la femme mariée
Le Code civil consacre l’incapacité juridique de la femme mariée. Cela signifie qu’elle ne peut pas : signer un contrat seule, ester en justice, gérer librement ses biens, exercer une activité sans l’autorisation du mari. Le mari est juridiquement le chef de famille. La femme lui doit « obéissance ». Ce n’est pas une formule symbolique : cela a des conséquences concrètes.
________________________________________ Les biens de la femme : pouvait-elle les vendre ? La réponse dépend du régime matrimonial, mais dans la pratique, le mari a la main.
Régime par défaut : la communauté de biens
Sans contrat de mariage spécifique, les époux sont soumis à la communauté de biens : Les biens acquis pendant le mariage sont communs.
Les biens possédés avant le mariage ou reçus par héritage : biens propres de la femme.
Mais attention : Même si les biens restent juridiquement « propres » à la femme, le mari en a l’administration. Il peut : les gérer, en percevoir les revenus, en organiser la vente dans de nombreux cas. Dans la pratique, une femme mariée ne vend pas seule un bien propre. Il faut l’intervention du mari.
________________________________________ Cas particulier : la vente des biens propres
En théorie : • Les biens propres appartiennent à la femme. En principe, elle devrait consentir à leur aliénation.
Mais elle ne peut juridiquement agir seule. L’acte passe par le mari. Dans la réalité notariale du début du XIXe siècle, c’est lui qui décide et signe. Dans les faits, le mari décide largement de la vente des biens propres de sa femme, surtout dans les classes populaires et moyennes.
_______________________________ Pourquoi cette organisation ?
Le Code civil reflète une vision patriarcale de la société, la méfiance envers l’autonomie économique féminine. On sort de la Révolution, qui avait brièvement accordé plus de droits aux femmes (divorce facilité, égalité successorale plus affirmée). Napoléon rétablit un ordre très hiérarchisé.
________________________________________ Exception : la femme non mariée
Une femme célibataire, Veuve ou divorcée dispose en revanche de sa pleine capacité juridique. Une veuve peut parfaitement gérer et vendre ses biens seule.
________________________________________
Il faudra attendre la 3ème république (1870-1940) pour voir un peu d’évolution : accès pour les femmes à l’instruction. En 1945 : Premier vote des femmes. 1965 : les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.
5.1. Manuscrit daté du 18 juin 1812 (Napoléon 1er)
Depuis que Napoléon est Empereur, chaque document notarial doit commencer par les formules que vous lisez ci-dessus.
Le manuscrit précédent faisait état d’un partage en 4 lots. L’un de ces lots revenait à Jean Delacroix. Sa soeur Marie recevait un morceau de terre et des vignes. Le 18 juin 1812, Jean vend son lot à René Frémont, tailleur d’habits, habitant Mazé et son épouse Marie Delacroix.
La Martinière : Une chambre de maison sans four ni cheminée, avec grenier au-dessus, couvert d’ardoises
La moitié du jardin en ouche à prendre en long là où il y a une loge dans laquelle est un pressoir faisant partie de ce lot, joignant vers le nord le petit chemin, avec usage à l’aireau et au puits commun.
Vous pouvez noter sur l’extrait du document ci-dessus un petit changement chez les Delacroix. La Révolution est passée, les Delacroix, parfois De la Croix sont devenus « Lacroix ». Ils reprendront leur nom de Delacroix plus tard. A noter qu’en 1804 ils étaient encore Delacroix.
[FAM 05/05/2026]





Un tout petit détail. Tu dis que les parents de Michel Ganne le jeune, acheteur de la Martinière en 1768 sont originaires de Sermaise.
En fait Michel Ganne et Marie Tourbadis sont originaires du fin fond de la Creuse, un trou perdu appelé Saint Merd la Breuille, où ils sont probablement décédés. Nous leur avons trouvé au moins 3 fils, Jean, et les deux Michel, tous nés à St Merd, et mariés à Sermaise où Saint Georges du Bois, où ils ont fait souche.
A noter qu’ils étaient tous 3 charpentiers de marine, après avoir été bûcherons dans leur creuse natale, et qu’on peut s’étonner de trouver des charpentiers de Marine a Sermaise, si loin de la Loire et des chantiers de construction navale !
Merci mon cousin pour ton commentaire éclairé !! Je vais voir ça de près et modifier en conséquence. Mais tu as raison, la question mérite d’être posée : que venaient faire les Ganné à Sermaise, charpentiers de marine… loin de la Loire ? Réponse bientôt ou alors à la prochaine niouz selon le temps disponible.