Manuscrit XVIIème – 12 août 1689

Le Moulin de Ribard - 1er épisode

L’HISTOIRE DES MANUSCRITS

Notre cousin Jean Basset dépositaire de la mémoire de la famille Basset nous autorise à partager avec vous ces documents rares.

Voici l’histoire d’une famille depuis la fin du 17ème siècle à travers les actes notariés de ventes, successions, baux etc… Entre 1689 et 1897, plus de 150 manuscrits racontent les événements survenus et permettent de suivre les différents propriétaires des lieux de vie de nos ancêtres, en fonction des partages, donations. Ils vont surtout permettre de retrouver l’histoire de « La Martinière » du règne de Louis XV  en 1767 aux années 2000, la maison dont Jean et Patricia Basset ont été les derniers propriétaires à Saint-Georges-du-Bois et où tant de souvenirs de nos parents et grands-parents sont rattachés.

Actuellement nous n’avons pas trouvé de façon sûre comment ces manuscrits sont parvenus à la famille Basset. Plusieurs pistes sont envisagées : soit par la famille Delacroix (De la Croix ou Lacroix, selon les époques) soit par la famille Duhoux dont nous parlerons dans le dernier manuscrit du 17ème siècle en 1697. La recherche continue.

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MANUSCRITS DU XVIIème SIECLE

Tout d’abord, plantons le décor : Louis XIV règne depuis 1643. La France connaît deux famines (1685 et 1687) et des aléas climatiques, une période que l’on appelle « le petit âge glaciaire » ce qui a des répercussions sur les cultures et les vignes. En 1689, la France est en guerre contre une large coalition européenne (Angleterre, Provinces-Unies, Saint-Empire, Espagne…). L’Anjou n’est pas un front direct, mais les levées d’hommes et la hausse des impôts pèsent sur la population. Des régiments recrutés en Anjou partent combattre, tandis que des réfugiés huguenots quittent la région après la révocation de l’Édit de Nantes (1685).

 

LE MOULIN DE RIBARD

Les premiers manuscrits concernent le Moulin de Ribard. Il s’agit d’une sombre histoire de dettes, de refus de payer, d’entourloupes, de saisie, bref d’une bataille entre Seigneurs qui les mènera jusqu’au parlement de Paris en 1694.

Le Moulin de Ribard, situé au Vieil-Baugé, est l’un des nombreux moulins qui jalonnaient autrefois la rivière du Couasnon, sur la commune du Vieil Baugé. Les bâtiments anciens ont été détruits en 1908 et transformés en maison moderne. Ce moulin a cessé de fonctionner en 1968. Actuellement, il abrite une entreprise spécialisée dans la sylviculture et d’autres activités forestières).

 

Il est probable qu’il s’agissait d’un moulin à eau destiné à moudre le grain, comme c’était courant dans la région.

D’après ce qui est écrit dans l’ouvrage de Célestin Port « Dictionnaire du Maine-et-Loire » (2ème version) cette carte postale intitulée « La vallée du Couasnon au Moulin de Ribard » représente les bâtiments du moulin tels qu’ils étaient aux XVIème et XVIIème siècles. En 1857, une partie industrielle avait été rajoutée.

LE MANOIR DE LA GOUBERIE ET LA GUILLARDIERE

Le moulin de Ribard dépend de la Seigneurie de la Gouberie et de la Guillardière.

Le château (ou Manoir, selon les textes) de la Gouberie (parfois noté Goberie) appartient à la famille Bérard de la Croix depuis le mariage de Claude Bérard avec Isabeau Richome au 16ème siècle.

Après le décès de Claude Bérard en 1622, son fils aîné, François Bérard, chevalier (colonel du régiment de Normandie), a hérité des titres de baron de La Croix-de-Bléré et de Migennes. Il a épousé en premières noces Claudine de la Borde, puis en secondes noces Claude de Rigné. Du premier mariage est né Claude Bérard (en 1626 à La Croix en Touraine.

 

 

La famille Bérard de la Croix tient en effet son nom de La Croix en Touraine en Indre-et-Loire depuis 1466 lorsqu’elle devint propriétaire de la Croix de Bléré.

Claude Bérard devient à son tour propriétaire du château de la Gouberie au décès de son père en 1677 et  hérite de ses titres de baron, Seigneur de La Croix et de La Gouberie.

 

MANUSCRIT N°1 – 12 AOUT 1689 – Nouveaux meuniers pour le moulin

L’après-midi du vendredi 12 août 1689, un nouveau bail est signé à la seigneurie de la Gouberie (au Vieil Baugé) où habite la demoiselle Elizabeth de Bérard de la Croix. Dame d’honneur de la Princesse de Condé, elle est également la tante du Chevalier Claude de Bérard de la Croix, Seigneur de la Gouberie. Elle a reçu de son neveu par « lettre du 6 août escripte de Paris » où loge Claude de Bérard une procuration lui donnant pouvoir de signer cet acte notarial.

Elizabeth de Bérard par ce document baille aux meuniers Pierre Boigné et sa femme Marguerite Normand (à qui son mari donne « suffisante authorité » pour accepter ce bail) le moulin de Ribard (appartenant à Claude de Bérard par le biais du bail à rente) et ses dépendances, à savoir : « four, granges, étables, laiterie, meule, moulagerie, rouire, rouet tournant et vissant et le jardin y appartenant, ainsi que le petit logis et jardin qui y dépend aussi, sis près du moulin de Ribard« .

Les meuniers apporteront à la Gouberie une partie de la récolte de blé, du rouissage*, et du seigle, ainsi que des vendanges. Une autre partie sera également versée à la seigneurie de la Couldre (donc à A.J. de Petit-Jean), au Seigneur de la Roussière et au curé du Vieil Baugé, le tout en mesures de Baugé.( A cette époque, chaque région avait ses propres mesures.) * Le rouissage est la macération que l’on fait subir aux plantes textiles telles que le lin ou le chanvre, pour faciliter la séparation de l’écorce.

S’agissant d’un bail à rente, Claude Bérard de la Croix a tout à fait le droit de bailler le moulin de Ribard ne lui appartenant pas en propre. Nous verrons dans le prochain épisode à la définition du bail à rente. Le propriétaire réel s’appelle Antoine Johachim de Petitjean.

Pour la petite histoire, la Dame d’honneur de la Princesse de Condé a aussi un lien avec Landifer (voir la carte ci-dessus et le lien entre Landifer et la Gouberie). « En 1683, le seigneur de Landifer était Pierre Olinier, secrétaire privé d’Elisabeth de Bérard de la Croix à qui appartenait alors la seigneurie de la Gouberie, c’est ce qui explique les archives anciennes de ce domaine aient été conservées intactes à Landifer jusqu’à 1968, date à laquelle ces précieux documents détenant les secrets d’un lointain passé furent détruits volontairement par le feu dans la cour de Landifer par des irresponsables, jugeant sans doute ces anciens parchemins dénués d’intérêts ». 

 

La signature d’Elizabeth de Bérard en 1689

Comme vous le remarquerez ci-dessous, la transcription  n’est pas terminée… Vous pourrez la retrouver sur 500 ANS EN ANJOU complète dans…. quelques temps.

FAM 11/02/2025

Transcription

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Le douzième jour d’août mil six cent quatre vingt neuf après-midi / Pardevant nous Pierre Bariller, Notaire Royal Tabellion et garde-sel à Baugé / Résidant au Vieil Baugé soussigné, XXXXXXXXX établi en la / demeure soussigné, xxxxxxxxxx de damoiselle Elizabeth de Bérard de la Croix / Dame d’honneur de madame La Princesse de Condé, demeurant au lieu et maison / seigneuriale de la Gouberie, paroisse du Vieil Baugé, au moyen comme procuratrice / de Messire Claude de Bérard son neveu chevalier seigneur baron de la Croix / suivant sa lettre missive à elle escripte de Paris , en date du sixième jour / du présent mois que ladite demoiselle représentée xxxx (?) d’une part, / Pierre Boigné, meusnier et Margueritte Normand sa femme d’une part, en /luy (donnant suffisante authorité – devant nous quand ???xxx demeurant ??? / au moulin de bxxx xxxxxx vallée par ??? xx d’autre part, xxxxxxx entre lesquelles /par hoir aussi parties a été fait par accord et requis ?? ( à ce qui ensuit scavoir est que ladite?) ; Enfin xxxx /demoiselle de la Croix, et audit nom de procuration du Sieur de la Croix son nepveu /a baillé et baille par xxx quatre    cesdites présentes?) à titre de moitié mouturage xxx /xxx aussi Boigné et sa femme ce stipulant et acceptant. xxx /xxxxxxxxx /fournira xx autour de la fête de St-Michel xxx au xx prochain xxx /et finira à pareil jour de l’année prochaine 1690. Le moulin /à blé de Ribard appartenant au Sieur Baron de la Croix, situé paroisse /du Vieil Baugé, consistant en four, xxx, granges, etables, /laiterie, meule, moulagerie, rouire, rouet tournant et vissant /xxxx. Le jardin y appartenant, xxx /petit logis et jardin qui y dépend aussi, sis près du moulin /de Ribard, xxxxxxxxx xxxx de la /Gouberie, au bout du ruisseau, xxx /du xxxx, xxxxxxxxx /et comportant xxx par la demoiselle bailleresse xxxxxxxx /exception xxxx /a xxxxxxxxxxxxx / y xxxxxxxx à la fin /de l’année, lesquels moulages, roues, roues tournantes /et xxxxxx du moulin, et xxxxxxxx /entrant suivant le procès verbal qui est xxx fait /devant nous xxxxx /xxxxxxxxxxx

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Bientôt, bientôt….
 
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Une réflexion sur “Manuscrit XVIIème – 12 août 1689”

  • Bravo de faire revivre ces très vieux manuscrits conservés et oubliés… et de les rendre lisibles. J’ai beaucoup de mal à lire la v.o. …

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